COuverture(s)

La réflexion collective mène à l'espoir

SANNOM

Seul en scène sur notre acide besoin de conformité

SANNOM retrace la dernière soirée d’un homme qui a décidé d’en finir.

On appartient au monde quand on a su y prendre place.
L’homme qui parle ici pense n’avoir jamais rien accompli.
Il a «loupé les coches, attendu que ça se passe », dit-il.
Comme s’il n’avait jamais réusi à intégrer les codes.

Il fonctionne par comparaison avec l’autre, celui qui semble à l’aise avec le travail, les relations humaines, les chemins à emprunter. Lui n’a jamais réussi à intégrer la course et ne comprend pas pourquoi.

Il a vidé l’appartement et tout organisé. Sur la scène, reste seulement une table
Et une lettre pour l’autre.

SANNOM raconte notre acide besoin de conformité, parle des sentiments d’inutilité, d’inaptabilité qui en découlent.

Ici se joue la lumière d’un homme qui ressent, pour la première fois, qu’il contrôle quelque chose, qu’il a un projet. Jusqu’à ce que l’affirmation de soi devienne la nouvelle norme.

Dans une société au sein de laquelle le sentiment d’échec nous confronte trop souvent à des situations humaines dramatiques, Sannom témoigne du poids de l’injonction à être conforme et à faire sa part. Cette injonction, devenue besoin intégré, fondatrice de notre système référentiel donne la couleur de ce qu’est la réussite. Et quand on n’est pas du bon coté, on est du mauvais coté tout court.

Le texte est une lettre, adressée à un autre, un ami ou un frère qui aurait socialement, professionnellement réussi. Dans la lettre, le personnage écrit comment depuis des mois, il crée ce fameux soir, il raconte aussi toute la grandeur de son projet, la sensation de contrôler le moindre détail pour la première fois. La disparition est un soulagement, considéré comme un acte noble puisqu’il permet de ne plus être un poids. Quand on ne sert à rien il faut gentiment disparaître, dit-il.

Mais il y a quelque chose d’acide. Le personnage n’en a pas réellement terminé. La comparaison à l’autre est faite d’autant d’admiration que de colère, l’injonction est respectée comme haïe. Et de cette dissociation naît le sentiment d’être lâche, incapable, inadapté tout comme l’espoir de trouver autre chose, une autre manière d’être et de faire qui conviendrait davantage.

Au plateau il n’y a qu’une table, deux sacs poubelle, une étagère suspendue et quelques feuilles de papier.

SANNOM a été créé une première fois à la Chapelle Saint Roch d’Argentan en mars 2015, grâce à Louise Genin et Jean-François Lefevre.
Puis repris à la MJC de Neuilly sur scène en octobre 2015.

En 2020, SANNOM a été totalement réécrit, re-mis en scène. La nouvelle version fut créée le 13 mars, quelques minutes avant le confinementre au TANIT Théâtre de Lisieux (grâce au TANIT).

Un texte écrit et mis en scène par
Mathilde BURUCOA

Interprété par
Thomas JUSTINE

Collaboratrice Mise en scène
Delphine JEANNE

Création lumière
Ruddy FRITSCH

Aide à la régie plateau
Nicolas GAURIAT